Capitaliser sur soi ou comment se construire les épaules pour

 

On a beau dire qu'on avance mieux et plus vite avec les autres, force est de constater que c'est quand même nous avec nous.

 

Les projets communs sont dynamisants et motivants mais il s'agit quand même de soi et d'une décision perpétuellement revalidée de continuer l'aventure quelle qu'elle soit.

 

Puisqu'au final chacun a ses motivations intimes et se dessine une vision de ce qu'il envisage être son futur. Et pour atteindre SON futur, que personne ne pourra atteindre à notre place, il faut miser sur un élément qui ne changera et sera toujours là quoiqu'il arrive : nous-mêmes.

 

Avec le recul, la vie n'a de cesse de nous rappeler que même si nous sommes bien entourés, cette histoire c'est quand même sacrément individualiste. 

 

De la femme qui se sépare de l'homme qu'elle aime parce qu'elle ne conçoit pas sa vie sans enfants, du jeune qui quitte tout pour se donner une chance dans un pays plus favorable, ou encore de ceux qui dédient leur vie entière à une cause ou à une religion qui leur est chère, tous ont dû faire un choix "égoïste" pour s'accomplir. Et quand on est seul.e avec sa décision ou son ambition, on a intérêt à être costaud.e...

 

J'ai quasiment toujours su que je voulais créer une entreprise (minimum). Manquant de courage, j'ai attendu : les opportunités,  l'argent ou tiens pourquoi pas des associés avec qui je partagerais la responsabilité !

 

À défaut des deux premiers, j'ai lancé mon entreprise, employé le "nous" à tout bout de champ dans l'optique quasi sûre que mon amoureux finirait par me rejoindre.

 

Et en effet, désormais le "nous" est véridique. Sauf qu'au final, cette entreprise c'est moi, c'est moi qui l'ai voulue, c'est moi qui l'ai créé et c'est moi qui suis hyper fière d'avoir franchi le pas. C'est aussi moi qui assume 98% des tâches parce que c'est moi la passionnée d'entrepreneuriat, de veille en tout genre et c'est moi la perfectionniste reloue.

 

Du coup, malgré les apparences je suis finalement seule dans ce projet et ça me fait archi peur.

Peur de ne pas en être capable et de ne pas avoir les épaules pour, peur de ne pas avoir toutes les compétences nécessaires et probablement peur de l'échec que je ne pourrais pas partager. 

 

Alors pour affronter toutes ses peurs - parce que je ne peux pas physiologiquement, psychologiquement et émotionnellement pas concevoir ne pas concrétiser ce rêve - j'essaie de me construire un moi plus fort.

Un moi sur qui je pourrais toujours compter et en qui j'aurai confiance, un moi qui saura s'adapter en toutes circonstances. 

 

Il y a clairement du travail mais c'est aussi hyper excitant. Cela me donne l'impression d'avoir le contrôle sur au moins une partie de ma vie pour ne plus avoir a en subir les autres. Comme si je m'affranchissais d'un cadre étroit dans lequel je m'étais installée, inconfortable mais suffisant. Je n'ai jamais rêvé d'une vie juste suffisante, il fallait donc changer ma stratégie ou du moins m'en créer une. 

 

J'ai comme l'impression d'avoir passé un niveau tant ma perception de mon environnement a changé. Les choses qui m'auraient complètement bouleversée il y a encore quelques mois arrivent à glisser dans une abstraction légère. J'en ai conscience mais j'arrive à choisir de ne pas les intégrer émotionnellement. 

Paradoxalement, plus je me sens forte plus je me sens seule. Et finalement, on en revient au début. Chacun sa route, chacun son chemin comme disait un grand philosophe.. 

 

Peut être que le niveau d'après sera de trouver l'équilibre entre développement intérieur et développement extérieur :)